Révolution industrielle

Le contexte de cette pensée et de cette initiative est celui de la première révolution industrielle, c’est à dire le processus qui fait basculer la société à dominante agricole et artisanale à une société commerciale et industrielle sous l’influence de la machine à vapeur et de l’électricité. De nouveaux modes de productions et d’organisation se créent : les objets ne sont plus fabriqués à la main par des artisans mais produits dans des usines en grande série selon l’idée que le confort et l’accès aux objets du quotidien doit être facilité pour tous.

Mais la révolution industrielle n’est pas née spontanément au XIXè siècle.
Elle est le résultat d’une lente maturation technique et sociale qui conjugue progrès technologique et développement du commerce mettant peu à peu fin à l’organisation chrétienne et aristocratique de la société.
Au XVIIIè siècle, l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1772) présente un panorama des savoirs et des moyens de production de l’époque où l’on trouve déjà des formes de production mécanisées et en série. Mais les sources énergétiques sont exclusivement des sources naturelles (le vent, les cours d’eau, l’énergie musculaire humaine ou animale).
C’est l’invention de la machine à vapeur conjuguée à l’augmentation du pouvoir de la bourgeoisie qui va donner un nouveau visage au monde.
– invention de nouvelles machines ;
– création de nouveaux modes de production et d’organisation du travail (l’artisan n’est plus le seul à fabriquer les objets qui sont aussi produits dans des usines en grande série) ;
– idée que le confort et l’accès aux objets du quotidien doit être facilité pour tous.

L’architecture, avant les objets, est l’un des domaines à bénéficier visiblement de ces avancées, notamment avec l’utilisation du métal dans les constructions.

Pont de Coalbrookdale, John Wilkinson (ingénieur), A. Darby III (fabrication), T. F. Pritchard (architecte), fonte, 1777-1779, Angleterre.

Peu à peu, la bourgeoisie évince l’aristocratie du pouvoir et installe ses valeurs capitalistes.
À partir du XIXè siècle, les moyens de conception et de production propres à la révolution industrielle se développent rapidement, à la fois guidés par la recherche du profit et de la rentabilité et par une croyance selon laquelle l’avenir de l’humanité dépend du progrès technique. La modernité repose en effet en grande partie sur une idéalisation du progrès technique et ses multiples promesses :
– allègement du travail ouvrier (grâce aux machines);
– multiplication et redistribution des richesses ;
– amélioration des conditions de vie matérielles.

Pour autant, et même au XXè siècle, les effets de la révolution industrielle ne se font pas sentir uniformément dans le monde occidental tout comme le design ne s’y développe pas au même rythme et selon les mêmes influences. Voici à ce sujet une réflexion d’Ettore Sottsass dans son interview au monde : interrogé sur l’influence de ses séjours aux États-Unis (il y a vécu de longues périodes, à partir de 1956), il y décrit le contraste qui s’impose à lui : « Dans l’Italie des années 1950, il y avait des industries lourdes, des canons, des camions… Mais ce n’était pas une société industrielle. Si on voulait une table, il fallait aller chez le menuisier, si on voulait un costume, on allait chez le tailleur. »

Mais si l’industrialisation à grande échelle porte l’espoir d’un monde meilleur, plus juste, démocratique, elle est aussi porteuse d’effets néfastes dus à la recherche du profit maximum des industriels et des propriétaires terriens : pauvreté, surpopulation, insalubrité, épidémies… transformant certaines parties des villes en un enfer mécanique et social.
En savoir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *