design social

Pour les premières bases, un fourmillement d’initiatives.

http://www.plateforme-socialdesign.net/
« La Plateforme Socialdesign est une initiative d’acteurs de la société civile, designers, architectes, responsables culturels, associatifs regroupés en un réseau interdisciplinaire. Elle recense, promeut et tente de décloisonner entre elles les pratiques de ces concepteurs d’innovation sociale et culturelle. »
Avec du « beau monde » :
fondateurs
Nawal Bakouri, curateur et théoricienne du design
Ruedi Baur, designer graphique
Malte Martin, designer graphique et d’espace
Matthias Tronqual, responsable culturel

 » Son objectif est d’inscrire les concepteurs contextuels comme des acteurs à part entière de la réflexion et de l’organisation de la société face à l’urgence qui existe aujourd’hui de penser et de construire les conditions du vivre-ensemble… Il s’agit de démarches d’innovation sociale et culturelle qui restent sous-évaluées dans les entreprises, dans le monde associatif, et par les pouvoirs publics. Ces pratiques de conception demandent un véritable temps de réflexion et de conception et un investissement responsable que les contraintes administratives, financières et les circuits d’analyse ne permettent que trop rarement… Le design social est un vecteur de transformation sociale, écologique et culturelle. Les dispositifs mis en place par ses concepteurs permettent aux habitants de prendre part à la fabrication de la ville, de la société et de leur environnement direct. En ce sens ce sont des espaces critiques concrets où le designer doit permettre de repenser la transformation des espaces et des objets eux même et les usages afférents… le travail du designer dans une méthodologie globale, en le resituant au cœur du projet en lien avec les acteurs concernés et avec une vision du monde actualisée. Il doit aller au delà d’un design focalisé sur la seule apparence esthétique des objets en s’intéressant à des problématiques qui ont trait au groupe, à la collectivité, aux usages tout en mêlant à son expertise une approche artistique de qualité. »

A l’initiative de Rudy Baur toujours, le projet « civic city »
Extraits :
« The city of today is confronted with a lot of challenges without a proper solution or the solution cannot dissolve every problem or is not really answering on the real problematic of the lack of civism. Violence, xenophobia, vandalism or abuse: all effects of a unsatisfied social together where it is expected that a designer who is working in the neighbourhood can find probably a solution. Finally it is quite easy to act on these dead public places and to make them livable.
Civic City is opening the discussion focused on the design of objects not just as isolated object repeated identical a million of times but focused on the design in the context, in situ created by the social reality in the neighbourhood. There are a lot of new problematics emerging – the relation between design and the evolution of a contemporary urban space, in context of its social, ecological and politic aspects. Design to remain modest can animate the discusssion and treat the equal to the equal with those who are planning the city. Measuring the neighbourhood, timeframes, dematerialisation, we are coming up with other questions as the urban planner. And thats the interesting point. (Extract interview with Ruedi Baur in Le Temps Geneva, july 2011). »
Voir plus sur le site http://civic-city.org/wp_cc/statement/ pour l’instant en travaux (ce qui explique que je n’ai pas trouvé la version française au moment où je poste ceci).
Enfin, Civic City est support d’enseignement et de recherche dans plusieurs écoles : HEAD Genève, ENSAD sous sa forme ENSAD-LAB, Zurich…

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/10/29/le-design-social-n-est-pas-si-simple_1433173_651865.html
« Le design social n’est pas si simple
A l’heure où l’engagement social des designers se multiplie, nombreux sont ceux qui jugent ces travaux certes bien intentionnés, mais pas nécessairement concrets. Où sont les résultats de toutes ces initiatives ? […]
A l’heure où l’engagement social des designers se multiplie, sous de multiples formes (sociétés à but non lucratif, initiatives sociales d’entreprises, mobilisation étudiante, partenariat avec des ONG, compétitions de design…) et de multiples sujets (allant de la conception d’abris d’urgence, aux purificateurs d’eau ou au four solaire… ), nombreux sont ceux qui jugent ces travaux certes bien intentionnés, mais pas nécessairement concrets. Où sont les résultats de toutes ces initiatives ? »

Ensuite, des questions de méthodes, méthodes du design qui seraient employées pour résoudre des problèmes plus ou moins collectifs… Le design thinking avec l’expérience utilisateur (je réfère à client, mot qui à mon avis ne s’applique pas pour les services publics (usagers) par exemple.
 » Qu’est-ce-que le design thinking ? Le Design Thinking est tout simplement le terme utilisé pour désigner l’ensemble des méthodes et des outils qui aident, face à un problème ou un projet d’innovation, à appliquer la même démarche que celle qu’aurait un designer. C’est une approche de l’innovation et de son management qui se veut une synthèse entre la pensée analytique et la pensée intuitive. Il s’appuie beaucoup sur un processus de co-créativité impliquant des retours de l’utilisateur final. Ces méthodes ont été élaborées dans les années 80 par Rolf Faste sur la base des travaux de Robert McKim. […]
Les étapes d’une démarche de design thinking sont :

Identifier une problématique et comprendre son environnement
Trouver le concept, l’idée qui permettra de la résoudre
Concevoir la forme qui incarnera ce concept

Ça reste encore un peu conceptuel, concrètement le travail en mode design thinking s’organise autour de trois logiques :

Une logique de co-création : une entreprise qui met le design thinking au cœur de son activité ne fait pas travailler ses départements de manière isolée, et instaure au contraire une logique «cross-département» favorisant l’intelligence collective
Une gymnastique intellectuelle alternant des phases d’intuition et d’analyse, dans une logique d’ouverture/fermeture (comme dans toute démarche de créativité comme le brainstorming, voir ce forum sur les liens entre innovation et créativité ou bien encore ces ouvrages)
Une importance majeure accordée à l’étude de terrain (observation ethnographique) qui offre une compréhension pleine et entière des expériences, contrairement aux classiques études quantitatives et qualitatives. »
in http://www.lescahiersdelinnovation.com/2016/02/qu-est-ce-que-le-design-thinking/ consulté en décembre 2016

Trouvé aussi cet article sur le site de la 27eme région (http://www.la27eregion.fr/publications/christian-bason-impulser-le-design-social/), article qui donne trois exemples précis sans doute à creuser pour eux-mêmes :
« Christian Bason est le directeur du MindLab, laboratoire intergouvernemental danois d’innovation publique.
« Aux quatre coins du globe, le design est de plus en plus considéré comme une discipline clé de l’innovation sociale. Cependant, pour utiliser le design à bon escient, les organisations publiques et à visée sociale doivent se doter de managers prêts à adopter de nouvelles approches telles la recherche ethnographique, l’implication des utilisateurs, l’idéation (idea generation), le prototypage et l’expérimentation. »
Au travers de trois projets, menés en Grande-Bretagne, Danemark et en Australie, Christian Bason explore comment une pratique adaptée du design permet de concrétiser l’innovation sociale. Il relève les principaux défis de l’application des méthodes du design dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques et insiste sur le changement de regard et de pratiques qu’elle implique et entraîne. »

Voir aussi https://fr.wikipedia.org/wiki/Design_thinking
Et approfondir la question du prototype….
RK

Ezio Manzini

Ezio Manzini s’affirme aujourd’hui comme l’un des acteurs les plus influents de la pensée du design d’innovation sociale. Il est à l’origine du réseau DESIS (DEsign for Social Innovation and Sustainability) et il est l’auteur de l’ouvrage : « Design, When Everybody Designs, An Introduction to design for social innovation », MIT Press, 2015.

Il est d’autre part l’auteur d’articles que l’on trouve en anglais et en accès libre sur le site du DESIS et dont je vous propose une traduction.

Against post-it design : to make things happen
How creativity, design knowledge and dialogic collaboration should shape participatory design and design for social innovation.
Original [http://www.desisnetwork.org/2013/12/04/against-post-it-design-to-make-things-happen/]
Traduction : Contre le design post-it : faire que les choses arrivent

Design as everyday life politics
Original [http://www.desisnetwork.org/2016/09/27/design-as-everyday-life-politics/]
Traduction : Le design comme politique du quotidien