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Quand commence l’histoire du design ?

Les histoires du design ne partent pas toutes du même point. Certaines commencent à la préhistoire, d’autres commencent aux alentours de la révolution industrielle. Ce choix sur les origines du design ne sont pas anecdotiques et révèlent des écarts dans la conception du design même.

Petit tour d’horizon sur les partisans de l’une ou de l’autre de ces conceptions.

Préhistoire

Raymond Guidot

Victor Margolin

Révolution industrielle

Bernard Stiegler
« Je pense que la question du design n’advient qu’à partir du moment où l’on décide de faire des objets nouveaux qui ne sont pas reçus de la tradition et de les socialiser. Pendant des centaines de milliers d’années, l’homme a fait des objets sans décider de les faire. Il était pris dans des mécanismes traditionnels et quasiment inconscients de production d’objets, sur lesquels il n’avait pas de réflexion explicite et thématique quant à leur évolution d’ensemble et quant à leur pratique (les objets étaient les productions et les supports de pratiques de singularités). Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait aucune réflexion. Un artisan qui travaille un objet réfléchit, mais dans les limites d’un concept qu’il reçoit d’une tradition. Les pratiques s’inventaient au fil du temps : elles n’étaient pas prescrites par des modes d’emploi ou des campagnes publicitaires, elles-mêmes préparées par des études de marketing. À partir de la Révolution industrielle, avec l’apparition quotidienne d’objets nouveaux sur le marché, se pose le problème de leur socialisation, c’est-à-dire de leur adoption par ce que l’on n’appelle pas encore « le client ». Ce n’est cependant pas encore le design, mais on parle assez tôt d’art industriel, comme le fait dire Flaubert au sieur Arnoux de L’Éducation sentimentale. Ce n’est qu’à partir du XX e siècle que l’on va véritablement raisonner en termes de design et instruire une réflexion systématique sur l’objet, sur son esthétique fonctionnelle et sur son esthétique figurative, pour reprendre deux concepts de Leroi-Gourhan 2. »
Bernard Stiegler, entretien avec Catherine Geel, Quand s’usent les usages, un design de la responsabilité ?, Azimut n°24, 2004.

Stéphane Vial

Alexandra Midal

Digital harbour

Matthieu Lehanneur

Benefitting from free high-speed WI-FI connection, this harbour features durable swivel chairs made from concrete, with mini tables connected to the chairs – perfect for using a smartphone, tablet, laptop or book. A touch screen on the side of the installation provides city information and news for those without any devices. Vertical logs are used to support the structure, with a rooftop covered in living green foliage.

Image présente sur le site http://www.jcdecaux-oneworld.com/ consulté en mai 2015
Image présente sur le site http://www.jcdecaux-oneworld.com/ consulté en mai 2015

Celebration, graphisme et signalétique

Des images prises sur le net sans commentaire… sinon un peu navré.

Logotype de Celebration. Site http://celebrationtowncenter.com/ consulté en mai 2015
Logotype de Celebration.
Site http://celebrationtowncenter.com/
Town tavern site http://celebrationtowncenter.com/ consulté en mai 2015
Town tavern
site http://celebrationtowncenter.com/ consulté en mai 2015
Celebration express Image sur le site http://celebrationtowncenter.com/ consulté en mai 2015
Celebration express
Image sur le site http://celebrationtowncenter.com/ consulté en mai 2015
Image sur le site http://celebrationtowncenter.com/ consulté en mai 2015
Image sur le site http://celebrationtowncenter.com/ consulté en mai 2015
 Site http://www.wheresamanda.com/ consulté en mai 2015 Amanda raconte le semi-marathon du 26 janvier 2015
Site http://www.wheresamanda.com/ consulté en mai 2015
Amanda raconte le semi-marathon du 26 janvier 2015
Image sur le site http://fineartamerica.com/ consulté en mai 2015
Image sur le site http://fineartamerica.com/ consulté en mai 2015
Image sur le site http://www.davidweekleyhomes.com/ consulté en mai 2015
Image sur le site http://www.davidweekleyhomes.com/ consulté en mai 2015

Mobilier urbain :

Image sur le site http://www.wheresamanda.com/ consulté en mai 2015
Image sur le site http://www.wheresamanda.com/ consulté en mai 2015
Image sur le site http://www.pentagram.com consulté en mai 2015
Image sur le site http://www.pentagram.com consulté en mai 2015
image sur le site http://www.pentagram.com consulté en mai 2015
image sur le site http://www.pentagram.com consulté en mai 2015
Image sur le site http://www.pentagram.com consulté en mai 2015
Image sur le site http://www.pentagram.com consulté en mai 2015
Image sur le blog http://www.talkofthehouse.com/celebration-florida-the-town/ consulté en mai 2015. Un blog très drôle où « Kelly » raconte son amour des maisons cosy et raconte par le menu sa visite à Celebration le 11 avril 2015
Image sur le blog http://www.talkofthehouse.com/celebration-florida-the-town/ consulté en mai 2015.
Un blog très drôle où « Kelly » raconte son amour des maisons cosy et raconte par le menu sa visite à Celebration le 11 avril 2015
Image sur le site http://tintingorlandofl.com/ Il semble que ce logo soit dessiné par Pentagram
Image sur le site http://tintingorlandofl.com/
Il semble que ce logo soit dessiné par Pentagram
Image sur le blog http://tintingorlandofl.com/ consulté en mai 2015
Image sur le blog http://tintingorlandofl.com/ consulté en mai 2015

En cherchant sur le site de l’agence Pentagram que je crois être l’auteur du logo de Celebration, j’ai trouvé une chose passionnante : les « fausses maisons » dessinées à l’échelle 1 pour que les clients puissent se faire une idée grandeur nature, soit des panneaux plats sur lesquels sont reproduites les façades.

Image sur le site de Pentagram, http://www.pentagram.com/ consulté en mai 2015. Il y en a plusieurs autres avec la recherche "Celebration Temporary Preview Center"
Image sur le site de Pentagram, http://www.pentagram.com/ consulté en mai 2015.
Il y en a plusieurs autres avec la recherche « Celebration Temporary Preview Center »

Et pour conclure, l’indispensable…

Image sur le site http://www.pentagram.com consulté en mai 2015
Image sur le site http://www.pentagram.com consulté en mai 2015

Brigitte Bardot 1952-1973

Ronan Kerdreux

1952 Le Trou normand de Jean Boyer
1973 L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise de Nina Companeez

Comme les deux dates retenues ci-dessus, il est question ici du mythe Brigitte Bardot actif pendant 2 décennies et pas de la vie de la personne, ni de son combat pour la cause animale, ni des derniers démêlés conflictuels…
Brigitte Bardot est donc un mythe, une image publique avant d’être une personne (ce n’est pas un jugement de valeur de ma part), de facettes multiples et souvent contradictoires :
– starlette en maillot de bain, devenue actrice internationalement reconnue,
– « ravissante idiote » pour reprendre le titre du film d’Édouard Molinaro (d’après un roman policier éponyme d’Exbrayat) qui n’aurait que son physique pour atout,
– sexe-symbole sulfureux qui fait tourner les têtes masculines et hurler les jalouses,
– emblème de l’émancipation des femmes et de la liberté sexuelle.

Chacune de ces facettes a son lot d’anecdotes, sans doute souvent exagérées par le torrent médiatique qu’elle génère ou qui l’emporte selon les périodes de sa vie.
à suivre…


Le soutien-gorge en métal de Brigitte Bardot, présenté à l’exposition « golden sixties », Gare de Liège-Guillermins, du 16-06-12 au 28-04-2013. image présentée sur le site http://http://portfolio.lesoir.be consulté en avril 2013

2001, l’odyssée de l’espace, Stanley Kubrick, 1968

Ronan Kerdreux

affiche du film
Affiche du film présente à l’adresse http://cinema.leparisien.fr/films/ consulté en octobre 2012

2001: A Space Odyssey
Scénario : Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke (d’après deux nouvelles de ce dernier : À l’aube de l’histoire et La Sentinelle). Nb : le livre de Arthur C. Clarke du même nom sera écrit postérieurement au film.
Direction artistique : John Hoesli
Décors : Tony Masters, Harry Lange et Ernie Archer

Premières discussions entre Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke en 1964, début du tournage en 1965.

Ce film culte pour beaucoup annonce divers éléments et à mon avis, constitue un des premiers actes de la grande peur face à des technologies sophistiquées faisant irruption dans un monde du coup difficile à vivre et surtout à maîtriser. HAL 9000, l’ordinateur qui devient individu et dont la présence d’humains contrarie les objectifs annonce les craintes de surveillance, de perte de contrôle voire de fantasmes de « machines supérieures ».
Il ne faut sans doute pas trop s’arrêter aux images, le monolithe noir aurait semble-t-il dû être transparent, HAL 9000 est plutôt rassurant dans sa forme de grosse calculatrice et sans doute est-il trop tôt pour voir dans l’impact des extraterrestres sur l’évolution simiesque et humaine un début des rapports évolutionnisme / créationnisme… reste que dans un concert de louanges de l’époque pour le progrès technique, l’avenir radieux et technologique, ce film constitue un hiatus pessimiste particulièrement précoce.

Par ailleurs, sur un registre plus léger, on peut faire une sorte de collection des citations (littérales ou évoquées) design dans les décors du film : Olivier Mourgue, et sa collection « Djinn », (Airborne International) dans la station orbitale, chaises et méridiennes inspirées du « Ribbon Chair » de Pierre Paulin, tables « tulip » d’Eero Saarinen (Knoll), couverts d’Arne Jacobsen (Georg Jensen)…

Pierrot le fou, 1965

Ronan Kerdreux

Affiche du film Pierrot le fou
Affiche du film présente sur le site http://www.dvdclassik.com/ consulté en octobre 2012

Réalisateur Jean-Luc Godard, assisté de Jean-Pierre Léaud et Philippe Fourastié
Scénario : JL Godard, d’après « Obsession » (« Le démon d’onze heures » en français) de Lionel White (Série noire no 803, 1963, Traduction : Bernard Rebillon)
Avec notamment Jean-Paul Belmondo et Anna Karina
Producteur : Georges de Beauregard

Je ne vais pas ici, ou pas pour l’instant du moins, faire une analyse cinématographique. J’adore ce film que je trouve complexe, touffu, « omni-référencé » dans le domaine de la peinture, de la poésie, de la publicité, de la littérature… avec un travail incroyable sur la couleur, les couleurs (le rêve bleu de Jean-Paul Belmondo contre les robes rouges d’Anna Karina, par exemple).
Mais ce n’est pas seulement un couple qui se déchire en permanence, ou la rencontre de deux mondes, il me semble qu’il est aussi une sorte d’hymne à la dérive, au droit de rêver, au rejet de la société matérielle pourtant magnifiquement filmée dans ses univers graphiques et colorés. Au risque de réduire ce film ce que je ne veux à aucun prix, c’est aussi une série de signes d’un monde sans doute à fuir comme le fait Ferdinand, comme sont citées les guerres (Viêt-Nam, Algérie, selon ma mémoire), les dangers de la vente d’armes, la vanité d’un univers bourgeois…

Quelques images trouvées sur le site https://circeo59.wordpress.com/ (consulté en avril 2015) nous rappelant les couleurs :

pierrot3
pierrot6

Et puisque nous parlons de Jean-Luc Godard, citons cette petite merveille, la « lettre à Freddy Buach » 1982 qui explique que la ville, c’est de la fiction…
https://vimeo.com/11523072

Le Torrey Canyon et la première marée noire, 1967

Ronan Kerdreux
Le Torrey Canyon et sa gigantesque marée noire (Cornouailles, Guernesey, cotes de la Manche et Bretagne) sonne le glas du progrès comme moteur d’enthousiasme, de confort sans contrepartie. Bien-sûr, c’est à tous les niveaux un loupé, de la compagnie maritime, du droit international et des droits nationaux, mais aussi des solutions à apporter (il y a eu successivement les pires remèdes possibles, diluants déversés dans la mer, bombardement au napalm des nappes de pétrole, enfouissage à Guernesey notamment…). A mon sens c’est surtout le deuil de cette période qui avait foi dans la technologie, dans le progrès, dans l’avenir, « l’invention de la pollution », l’irruption de la complexité, renforcé quelques années plus tard par les deux chocs pétroliers.

Image copyright AFP présente sur le site du Courrier International en date du 7 janvier 2012

Paris, autoroutes et voies sur berge (voie Georges Pompidou)

Ronan Kerdreux

VoisSurBerges-lepoint-fr
Image sur le site www.lepoint.fr consulté en avril 2015, sans mention d’auteur.

Ce projet, en partie seulement réalisé, résume bien je trouve, l’évolution des regards portés sur les transports automobiles. Aux alentours de 1966, Georges Pompidou étant alors premier ministre, un plan visant à rendre la circulation parisienne fluide est élaboré, à partir d’un maillage d’autoroutes intramuros. La seule partie réalisée est ce qu’on appelle les voies sur berge, le long de la seine, aujourd’hui régulièrement remises en cause, la circulation automobile étant considéré par tous comme inadaptée à la ville.
Je vous livre le plan des circulations prévues à l’origine. Le projet fut interrompu vers les années 1973-74, avec le premier choc pétrolier et le changement de président (Valéry Giscard d’Estaing élu président de la république française le 19 mai 1974).

Image sur le site wikipedia.org avec les mentions suivantes « Plan de Paris réalisé par ThePromenader en GFDL, disponible sur WikimediaCommons, et modifié par Yougo pour l’article Plan autoroutier pour Paris ».

Dans les années 2015-2017, le retour vers des berges non automobiles et non motorisées semble acté. La maire de Paris (Anne Hidalgo, élue en 2014) mène une politique ferme sur la question, avec la piétonnisation en 2017 sur 3,3 km du quai bas le long de la Seine, de l’entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe). Cette piétonnisation s’accompagne d’installations généralement liées à une politique du « vivre ensemble », de la rencontre et des évènements festifs. Elle semble rencontrer une forte fréquentation et reste parfaitement logique et adaptée à une ville qui, elle, ne l’est plus au trafic automobile.

Pour autant, un débat extrêmement vif à lieu autour de cette question, notamment entre la ville de Paris et la Région Ile de France (Valérie Pécresse, présidente depuis 2015). En jeu, les impacts de cette fermeture des voies sur berge aux automobiles sur la circulation régionale. Et les arguments mis en avant, l’augmentation de la pollution due aux embouteillages en particulier et l’absence de mesures d’accompagnement, rendent évident deux éléments « nouveaux » das la gouvernance des agglomérations :

  • la ville n’est pas/plus adaptée à des transports individuels motorisés, ces derniers ne sont pas efficaces en milieu urbain dense et provoquent une pollution de l’air dangereuse pour la santé de ses habitants ;
  • une prise de décision de ce type remet en question les découpages administratifs territoriaux et l’autonomie des décisions prises à l’échelle de ces découpages. La question du global devient centrale et engage son lot de décisions courageuses à prendre, engageant l’avenir, la qualité de vie et la prospective. On ne peut plus se suffire pour la gestion urbaine de mesures faciles et simplettes.

 

Aménagement des voies sur berge à Paris en 2017-Photo présente avec l’article « Voilà à quoi ressemblent (désormais) les berges de la Seine à Paris » du Figaro 03/04/2017, signée Michel Euler/AP