Les contextes, définition du musée

Définition du musée
Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation.
Statuts de l’ICOM art.2 §.1
NB : ICOM Conseil International des Musées >>> site de l’ICOM

Code du patrimoine français
Est considérée comme musée, […] toute collection permanente composée de biens dont la conservation et la présentation revêtent un intérêt public et organisée en vue de la connaissance, de l’éducation et du plaisir du public.
Article L410-1

Musée des Beaux-Arts de Brest
Exposition Nothing at all, hypothèses de coexistences, David Ryan, Jérôme Joy, 2016-2017
Photo RKerdreux

Fonctions du musée
Le musée se voit attribuer trois fonctions essentielles : collecter, conserver et exposer.
La gestion du patrimoine culturel peut obéit à deux logiques contradictoires :
1- Logique de la collection (Moma -Museum of Modern Art, New-York, par exemple).
Dans cette logique, le musée tente de réunir les œuvres jugées les meilleures. S’il en possède deux qui ne sont pas excellentes, il peut s’en séparer au profit d’une seule autre. S’il en possède deux qui sont redondantes, il en vend une pour en acquérir une autre qui complète la collection. Dans le jargon des collectionneurs, cela s’appelle un arbitrage.
2- Logique de la conservation du patrimoine (le Louvre et la plupart des musées français), moins dépendante des modes mais beaucoup plus exigeante au niveau des réserves.
Dans cette logique, un musée qui possède une œuvre d’art achetée au gré des années ne peut plus jamais s’en séparer, que ce soit par don, par vente ou par destruction.

Musées et autres institutions

FRAC(s)
Les Fonds régionaux d’art contemporain (Frac), sont des collections publiques d’art contemporain créées en 1982 par Jack Lang (ministre français de la culture de mai 1981 à mars 1986, puis de mai 1988 à mars 1993) pour permettre à l’art d’aujourd’hui d’être présent dans chaque région de France.
Ils sont dotés d’un budget fondé sur le principe d’un financement paritaire entre les régions et l’État (Ministère de la Culture et de la Communication).
Aborder la question de l’achat public et du soutien au marché de l’art.
Associations loi 1901 mais la collection est quand même inaliénable du fait de son financement par des fonds publics.

FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, architecte Kengo Kuma, lampadaire au 1er plan Marc Aurel,, Photo Xavier Zimmermann/ Site www.lemonde.fr/culture/article/2013/04/23/de-l-art-en-prison-pour-liberer-la-tete_3164671_3246.html consulté en oct 2017

Écomusée
La définition de Georges-Henri Rivière
« Un écomusée, ce n’est pas un musée comme les autres.
Un écomusée, c’est une chose qu’un pouvoir et une population conçoivent, fabriquent et exploitent ensemble. Ce pouvoir, avec les experts, les facilités, les ressources qu’il fournit. Cette population, avec la participation de ses forces vives de toutes générations, selon ses aspirations, ses savoirs, ses facultés d’approche.
C’est un miroir où cette population se regarde, pour s’y reconnaître, où elle cherche l’explication du territoire auquel elle est attachée, jointe à celle des populations qui l’y ont précédée, dans la discontinuité ou la continuité des générations. Un miroir que cette population tend à ses hôtes, pour s’en faire mieux comprendre, dans le respect de son travail, de ses comportements, de son intimité.
C’est un musée de l’homme et de la nature. L’homme y est interprété dans son milieu naturel. La nature l’est dans sa sauvagerie, mais telle aussi que la société traditionnelle et la société industrielle l’ont adaptée à leur usage.
C’est un musée du temps, quand l’explication remonte en deçà du temps où l’homme est apparu, s’étage à travers les temps préhistoriques et historiques qu’il a vécus, débouche sur le temps qu’il vit. Avec une ouverture sur les temps de demain, sans que, pour autant, l’écomusée se pose en décideur, mais en l’occurrence, joue un rôle d’information et d’analyse critique.
Un musée de l’espace. D’espaces ponctuels, où s’arrêter. D’espaces linéaires, où cheminer. Un conservatoire, dans la mesure où il aide à préserver et mettre en valeur le patrimoine de culture et de nature de la population concernée.
Un laboratoire, dans la mesure où il est matière à études théoriques et pratiques, autour de cette population et de son milieu.
Une école, dans la mesure où il aide à la formation des spécialistes intéressés à cette population et à son milieu, où il incite cette population à mieux appréhender les problèmes de son propre avenir. »

Georges-Henri Rivière (1897-1985)
Georges-Henri Rivière a incarné a muséologie contemporaine.
Après un baccalauréat de philosophie, il étudie l’orgue et l’harmonie au « Conservatoire national de musique et de déclamation ». Son oncle, Henri Rivière, peintre connu, lui fait découvrir le monde artistique. À vingt-deux ans, Georges-Henri est organiste en l’église Saint-Louis-en-l’Île, à Paris. Mais la musique sacrée le retient moins que le jazz que découvre l’Europe. En 1924, il participe à la création de la fameuse Revue nègre, produite par Joséphine Baker. Il compose pour elle, travaille aux Folies-Bergères, au Casino de Paris, se lie d’amitié avec Duke Ellington et Sidney Bechet. Familier de ce qu’il appelle la « haute société culturelle et mondaine », ami des surréalistes, il est proche de Georges Salle. Sur les conseils de ce dernier, il entre à l’école du Louvre, puis collabore aux Cahiers d’art de Christian Zervos, qui lui suggère de visiter une exposition d’art précolombien au musée d’Ethnographie du Trocadéro. Son avenir est alors tracé : désormais, il abandonne la musique. En 1928, Georges-Henri Rivière est nommé sous-directeur du musée d’Ethnographie du Trocadéro, auprès de Paul Rivet. Avec celui-ci, il réorganise le musée, créant les départements scientifiques et stimulant ces actions éclatantes que furent les grandes missions, notamment la mission Dakar-Djibouti, et les soixante-dix expositions qui marquèrent la vie de cet ancien « magasin de bric-à-brac » devenu un grand établissement d’enseignement populaire et de recherche scientifique. Les expositions consacrées au Sahara, à l’île de Pâques, à la mission Dakar-Djibouti furent des succès. Ces premières réalisations renforcent sa volonté de parvenir à une véritable reconnaissance des traditions populaires. Il allait alors être l’initiateur puis le conservateur en chef du Musée national des arts et traditions populaires.
On parle aussi de musées communautaires, écomusées, institutions muséales ayant des relations interactives avec les collectivités locales.
Cf le MINOM – Nouvelle muséologie, Mouvement international pour une nouvelle muséologie.

Centre d’interprétation (scientifique)
Un centre d’interprétation est un type de musée dont l’objectif est de mettre en valeur et d’interpréter un site et son architecture, les richesses naturelles et culturelles d’un territoire, la mémoire d’un personnage, ou un sujet scientifique ou technique.
Interpréter, c’est chercher à rendre compréhensible, à traduire, à donner un sens.
« Un Centre d’interprétation est un espace muséographique avec ou sans collection à visée de mise en valeur et de diffusion d’un patrimoine singulier impossible à réunir dans un musée classique destiné à accueillir un large public en recourant de préférence aux affects plus qu’à la seule cognition. »
S. Chaumier et D. Jacobi, Exposer des idées, Complicités, Paris, 2009.
D’un point de vue historique ce concept dont la théorie a été formulée par Freeman Tilden en 1957 et qui a fait ses premiers pas aux États-Unis dans les années 1950, s’est répandu dans les autres pays anglo-saxons dans les années 1970 puis par la suite dans les pays européens.
Exemples : La Cité du vin à Bordeaux, La Maison du Comté à Poligny dans le Jura, La Maison du Parc Naturel Loire-Anjou-Touraine, etc.

Conservatoire
Un conservatoire est un lieu, une organisation où l’on maintient « des choses » matérielles ou immatérielles. Il s’agit selon le cas de musée, académie, école, institution.
Exemples : Conservatoire du littoral, Conservatoire libre du cinéma français, etc.

Musées de plein air

Exemple 1 : Espaces Naturels de la Mel (à coté de Lille)

25 bâtiments, sauvés de la démolition et réédifiés. Un environnement de jardins, de vergers, de potagers et de pâtures peuplées d’animaux entoure ces constructions, aujourd’hui pour la plupart occupées par des artisans. 
Concerts en plein air, contes, ateliers créatifs, et dégustation de produits régionaux sont proposés. Les mercredis et samedis, des ateliers parents-enfants permettent d’apprendre en s’amusant. Chaque semaine est consacrée à un thème différent : découverte des animaux, ateliers de création artistique avec des matériaux de récupération, peintures végétales…

Exemple 2 : Musée néerlandais de plein air de Arnhem

60 bâtiments issus de toutes les régions de Hollande, démontés et réassemblés sur place.
Animations nombreuses pour faire revivre certains métiers
http://www.openairmuseum.nl/

Musée de plein-air de Arnheim
Image sur le site http://urlaubfuerkinder.de/aktivitaeten/niederlaendisches-freilichtmuseum-arnheim/ consulté en oct 2017

Penser également à la question spécifique des musées et des collections d’architecture.
Musée de l’architecture de Franckfort, DAM (Deutsches Architekturmuseum), Oswald Mathias Ungers, architecte, 1983. Bâtiment postmoderne.

Deutsche Musée de l’Architecture de Franckfort
Image sur le site http://dam.inm.de consulté en octobre 2018

IBA (Internationale Bauausstellung ou Exposition internationale d’architecture de Berlin, 1987)

Logo de l’IBA de Berlin, 1987

Plus récemment, l’arrivée sur le marché de l’art d’éléments d’architecture puis de bâtiments…

Galerie
Lieu, public ou privé, spécialement aménagé pour mettre en valeur et montrer des œuvres d’art à un public de visiteurs, dans le cadre d’expositions temporaires. La galerie d’art publique, peut être intégrée dans une structure institutionnelle comme un musée, ou être un lieu d’exposition autonome. La galerie d’art privée, destiné à la vente, est également un lieu d’exposition et de rencontres, la « vitrine » des marchands d’art.
Voir dans l’article sur la naissance des musées l’importance des galeries au cours de la renaissance.

Galerie Templon, Paris.
Exposition Gérard Garouste
image sur le site https://virtute.io/zeugma-solo-show-gerard-garouste-galerie-templon/ consulté en novembre 2018

Galerie virtuelle ou galerie en ligne
Galerie généralement privée (quelque fois coopératives ou asscoiatives) qui ne présente les oeuvres des artistes qu’elle représente que sur des sites web.

Bibliographie

à venir

>> vers l’article « les acteurs institutionnels du musée »

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