Les années 60, France
Introduction
Trois parties : libéralisation, émancipation ; politique ; invention du pessimisme (à préciser)
Acte 1 : Iouri Gagarine le 12 avril 1961 est le premier homme dans l’espace, une orbite terrestre de 108 minutes qui le propulse célébrité mondiale. Il inaugure ainsi la course que vont se livrer l’URSS et les États-Unis d’Amérique tout au long de la décennie, course à l’espace qui se terminera par un succès américain avec le premier pas sur la lune le 20 juillet 1969 de Neil Amstrong sortant du Lem d’Apollo 11. Quelquefois, on voit noté 21 juillet, je pense que cela provient de l’heure à laquelle ce moment historique s’est déroulé (21h17 heure française).
Ces huit années restent donc comme un grand concours, avec des volontés politiques évidentes (nous sommes en pleine guerre froide entre les deux superpuissances), un concours qui reste un grand rêve collectif et technologique, une grande adhésion mondiale à ce que les évolutions offrent comme possibilités, un sentiment commun, exhalant, un grand récit (à mon avis, le dernier en date). Cela apporte autre chose : c’est la première fois qu’on voit notre planète « de l’extérieur », en en faisant le tour, encore plus en allant se poser sur son satellite. C’est la vue évidente de la petite planète, du monde clos (voir les conditions de l’entropie), et pas là-même, du vivre ensemble, de la conscience qu’un événement produit par certains à un impact sur tous. Cette démonstration est majeur dans notre perception de la protection de la planète, elle achève dans le même mouvement l’idée de zones à découvrir, de l’inconnu géographique sur la terre-même.
Plus prosaïquement, on peut faire une liste de ces objets mythiques, du spoutnik, des fusées, du Lem lui-même, objet étrange avec sa morphologie arachnoïde et son revêtement brillant… Reste cette trace de pas sur la poussière lunaire, et en ce qui me concerne, le souvenir d’avoir vu des retransmissions en classe, et ce sentiment étrange de faire partie de l’aventure.
Image sur le site www.histoire-fr.com consulté en janvier 2012
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Paris, autoroutes et voies sur berge (voie Georges Pompidou)
Ronan Kerdreux
Ce projet, en partie seulement réalisé, résume bien je trouve, l’évolution des regards portés sur les transports automobiles. Aux alentours de 1966, Georges Pompidou étant alors premier ministre, un plan visant à rendre la circulation parisienne fluide est élaboré, à partir d’un maillage d’autoroutes intramuros. La seule partie réalisée est ce qu’on appelle les voies sur berge, le long de la seine, aujourd’hui régulièrement remises en cause, la circulation automobile étant considéré par tous comme inadaptée à la ville.
Je vous livre le plan des circulations prévues à l’origine. Le projet fut interrompu vers les années 1973-74, avec le premier choc pétrolier et le changement de président.
Image sur le site wikipedia.org avec les mentions suivantes « Plan de Paris réalisé par ThePromenader en GFDL, disponible sur WikimediaCommons, et modifié par Yougo pour l’article Plan autoroutier pour Paris ».
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Le Torrey Canyon et la première marée noire, 1967
Ronan Kerdreux
Le Torrey Canyon et sa gigantesque marée noire (Cornouaille, Guernesey, cotes de la Manche et Bretagne) sonne le glas du progrès comme moteur d’enthousiasme, de confort sans contrepartie. Bien-sûr, c’est à tous les niveaux un loupé, de la compagnie maritime, du droit international et des droits nationaux, mais aussi des solutions à apporter (il y a eu successivement les pires remèdes possibles, diluants déversés dans la mer, bombardement au napalm des nappes de pétrole, enfouissage à Guernesey notamment…). A mon sens c’est surtout le deuil de cette période qui avait foi dans la technologie, dans le progrès, dans l’avenir, « l’invention de la pollution », l’irruption de la complexité, renforcé quelques années plus tard par les deux chocs pétroliers.
Image copyright AFP présente sur le site du Courrier International en date du 7 janvier 2012
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Pierrot le fou 1965
Ronan Kerdreux

Affiche du film présente sur le site http://www.dvdclassik.com/ consulté en octobre 2012
Réalisateur Jean-Luc Godard, assisté de Jean-Pierre Léaud et Philippe Fourastié
Scénario : JL Godard, d’après « Obsession » (« Le démon d’onze heures ») de Lionel White
Avec notamment Jean-Paul Belmondo et Anna Karina
Producteur : Georges de Beauregard
Je ne vais pas ici, ou pas pour l’instant du moins, faire une analyse cinématographique. J’adore ce film que je trouve complexe, touffu, « omni-référencé » dans le domaine de la peinture, de la poésie, de la publicité, de la littérature… avec un travail incroyable sur la couleur, les couleurs.
Mais ce n’est pas seulement un couple qui se déchire en permanence, ou la rencontre de deux mondes, il me semble qu’il est aussi une sorte d’hymne à la dérive, au droit de rêver, au rejet de la société matérielle pourtant magnifiquement filmée dans ses univers graphiques et colorés. Au risque de réduire ce film ce que je ne veux à aucun prix, c’est aussi une série de signes d’un monde sans doute à fuir comme le fait Ferdinand, comme sont citées les guerres (Viêt-Nam, Algérie de mémoire), les dangers de la vente d’armes, la vanité d’un univers bourgeois…
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2001, l’odyssée de l’espace, Stanley Kubrick, 1968

Affiche du film présente à l’adresse http://cinema.leparisien.fr/films/ consulté en octobre 2012
2001: A Space Odyssey
Scénario : Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke (d’après deux nouvelles de ce dernier : À l’aube de l’histoire et La Sentinelle). Nb : le livre de Arthur C. Clarke du même nom sera écrit postérieurement au film.
Direction artistique : John Hoesli
Décors : Tony Masters, Harry Lange et Ernie Archer
Premières discussions entre Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke en 1964, début du tournage en 1965.
Ce film culte pour beaucoup annonce divers éléments et à mon avis, constitue un des premiers actes de la grande peur face à des technologies sophistiquées faisant irruption dans un monde du coup difficile à vivre et surtout à maîtriser. HAL 9000, l’ordinateur qui devient individu et dont la présence d’humains contrarie les objectifs annonce les craintes de surveillance, de perte de contrôle voire de fantasmes de « machines supérieures ».
Il ne faut sans doute pas trop s’arrêter aux images, le monolithe noir aurait semble-t-il dû être transparent, HAL 9000 est plutôt rassurant dans sa forme de grosse calculatrice et sans doute est-il trop tôt pour voir dans l’impact des extraterrestres sur l’évolution simiesque et humaine un début des rapports évolutionnisme / créationnisme… reste que dans un concert de louanges de l’époque pour le progrès technique, l’avenir radieux et technologique, ce film constitue un hiatus pessimiste particulièrement précoce.
Par ailleurs, sur un registre plus léger, on peut faire une sorte de collection des citations (littérales ou évoquées) design dans les décors du film : Olivier Mourgue, et sa collection « Djinn », (Airborne International) dans la station orbitale, chaises et méridiennes inspirées du « Ribbon Chair » de Pierre Paulin, tables « tulip » d’Eero Saarinen (Knoll), couverts d’Arne Jacobsen (Georg Jensen)…
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Brigitte Bardot
Ronan Kerdreux
1952 Le Trou normand de Jean Boyer
1973 L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise de Nina Companeez
Comme les deux dates retenues ci-dessus, il est question ici du mythe Brigitte Bardot actif pendant 2 décennies et pas de la vie de la personne, ni de son combat pour la cause animale, ni des derniers démêlés conflictuels…
Brigitte Bardot est donc un mythe, une image publique avant d’être une personne (ce n’est pas un jugement de valeur de ma part), de facettes multiples et souvent contradictoires :
- starlette en maillot de bain, devenue actrice internationalement reconnue,
- « ravissante idiote » pour reprendre le titre du film d’Édouard Molinaro (d’après un roman policier éponyme d’Exbrayat) qui n’aurait que son physique pour atout,
- sexe-symbole sulfureux qui fait tourner les têtes masculines et hurler les jalouses,
- emblème de l’émancipation des femmes et de la liberté sexuelle.
Chacune de ces facettes a son lot d’anecdotes, sans doute souvent exagérées par le torrent médiatique qu’elle génère ou qui l’emporte selon les périodes de sa vie.
à suivre…

Le soutien-gorge en métal de Brigitte Bardot, présenté à l’exposition « golden sixties », Gare de Liège-Guillermins, du 16-06-12 au 28-04-2013. image présentée sur le site http://http://portfolio.lesoir.be consulté en avril 2013
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Le monokini, 1964
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La pilule, 1967
Woodstock, 1969
Les Shadoks, 1968
Le Black Power de Mexico, 1968
Z de Costa Gavras, 1969

