Cultures hybrides

Groupe Lab[AU]- Bruxelles

Logo issu du site blog.artsaucarre.be consulté en novembre 2016
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Intervenants : Frédérique Entrialgo – Ronan Kerdreux

Lab[AU] est fondé en 1997 sous l’impulsion d’un groupe d’architectes (Manuel Abendroth, Jérôme Decock et Elsa Vermang)qui, ayant tous fait l’expérience de la construction, ont placé au coeur de leur rencontre l’objectif commun d’expérimenter de « nouvelles notions de l’espace » par une approche transdisciplinaire et collaborative qui questionne les transformations de l’architecture et des structures spatio-temporelles liées aux technologies numériques. Ces pratiques sont articulées par la notion de Metadesign, pour laquelle l’élaboration de méthodologies spécifiques à la structure hypermédia permet d’envisager la construction d’espaces en relation aux processus d’information, « l’architecture en tant que code » (cf. Liquid Space 360° et Software Space Engine). Le travail de Manuel Abendroth, comme artiste, porte donc sur l’écriture de codes-sources de programmes. Il y a là une revendication claire à la fois de responsabilité d’auteur et d’accomplissement suffisant pour faire acte d’un geste créateur qui s’actualise et se renouvelle dans une démarche collaborative : « Nous intéresse ensuite la rencontre avec d’autres artistes. Les codes sources sont notre création, ils sont aussi support, (…) d’une approche collaborative. Cela permet un croisement des regards et des approches.(…) Le méta design permet d’autres façons de réfléchir l’espace, pour nous à l’origine via l’hypertextualité. Réfléchir ou penser l’espace ne sont pas réservés à l’architecte, l’approche collaborative permet de penser l’espace avec par exemple des chorégraphes issus de la danse contemporaine (cf www.thor.be) ou des artistes.»

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Image issue du site de Lab[AU] consulté en septembre 2006

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Groupe Lab[AU]- Workshops et édition du livre « liquid space » 360°

Intervenant: Frédérique Entrialgo – Ronan Kerdreux

Liquid Space 360° a été édité à l’occasion des deux premières sessions d’une série de workshops, les Liquid Space  01+02 (Séoul, 2003 –  Bruxelles 2004), menés, avec l’implication de plus de trente artistes, sur le thème de la spacialisation audiovisuelle. Conçu comme un catalogue hypertextuel (livre + DVD), son concept repose sur la retranscription en 2D des dispositifs élaborés pendant les workshop qui mettent en jeu des systèmes de vision à 360°, la quadriphonie et le temps réel.
Désigné comme un objet de « para-métadesign », la conception du livre répond à l’approche méthodologique qui qualifie le travail du groupe : 4 chapitres, 4 couleurs, celles de l’impression (cmyb), des entrées et des lectures multiples selon le paramètre choisi (chapitres, indexation par artiste, mot clé, date, durée, repérage par pictogrammes, palette de couleurs comme code, petite galerie synthétique d’images-vignettes), pour un un livre qui se déploie dans l’espace, qui engendre donc plus qu’il n’est, autour d’un axe vertical, sur lequel est clipsé un CD lui aussi repéré par les 4 couleurs d’impression  et sa durée (« 1 dvd + 36 CMYK pages = 360° [ C=90°, M=90°, Y=90°, K=90°] = 36min. of video »).
Comme pour la plupart des travaux de Lab[au], la question des paramètres est une question centrale : il s’agit de d’identifier les paramètres principaux, puis de les associer voire de les remplacer par d’autres.

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Image issue du site de Lab[AU] consulté en septembre 2006

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Groupe Lab[AU]- Workshops « liquid space » 360°

Intervenant: Frédérique Entrialgo – Ronan Kerdreux

Liquid space is a series of artistic workshops LAb[au] has initiated in the past three years to design spatial audiovisuals with a specific focus on collaborative design processes.

Each design cycle stands under a specific theme, theoretic approach, to frame the work on the interactive, immersive and performative qualities of digital design whereas its results lead to installations, exhibitions and performances. In the context of Liquid Space, LAb[au] also conceived a hypertextual catalogue transcribing these interactive 360° multiscreen and quadraphonic real-time constructs into a 2D concept. The dvd-book is a visual, theoretic and sonic collection of spatial audiovisuals created by LAb[au] in collaboration with over 30 artists from all over the world.

For the collaborative design workshop the sPACE navigable music platform, a 3D engine developed by LAb[au], is proposed to the invited artists as starting-point for development and exchange. The engine is based on the principle of integrating different media in a structural, programmed manner ( parameter design), inside and through electronic space / navigation. In this manner the design platform propose rather space- than time-based logics of visual and sonic media, it is composing and editing inside 3d space to create visual and sonic architectures. An environment where the performer navigates his created 3D space to compose music in real time, displayed in a 360° projection space and quadra-phonic sound.

* liquid space is a term coined by: Marcos Novak

Liquid Space 04 is a workshop by LAb[au] about designing spatial audiovisuals under the theme of co/ordinate space.

As the title already suggests the main concern of the workshop are the spatial logics involved in digital design, since working on visual and sonic architectures is not only the spatial structuring of information and communication processes, but also a concern of hardware interfacing and its scenography. In this sense, ‘coordinates’ stands for the spatial logics of programming, its semantics and its visualisation logics proposed through the space navigable music platform, whereas ‘coordination’ stands for the coherency in the interplay of different spatial concepts binding 3d real-time constructs to the design of specific hardware interfaces, its protocols and dataflows, as its spatial display, the scenography. In this manner the theme of ‘co/ordinate space’ focus on architectural concepts binding electronic and physical space as it questions the way we interact and perceive inside these constructs integrating any form of visual, sonic… media. Further ‘coordination’ outlines one of the main focuses of the liquid space workshop the setting up of collaborative design processes.

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Image issue du site de Lab[AU] consulté en septembre 2006

Les textes concernant Lab[AU] sont des citations de l’article suivant :
Frédérique Entrialgo et Ronan Kerdreux : « limites de projets et univers numérique » in « Les ateliers de la recherche en design 2 » pp 96 à 113, ouvrage préparé sous la direction de Stéphanie Sagot, 2007 Université de Nîmes (également consultable en ligne et téléchargeable à l’adresse http://www.unimes.fr/design-169.php)

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Modélisation intuitive de la «ville 2.0»

LEI ZHAO 2008

Intervenant: Lei Zhao / Studio lentigo

Un espace sombre, une projection vidéo au sol de deux mètres par trois.
Lorsque j’entre physiquement dans l’espace, un cercle blanc de lignes pointillées se cale autour de moi, me suit dans mes déplacements, accompagné de mots au sens métaphorique, « ondulation », « aparté », « côté jardin », « vertical », « canevas », « monologue »…
Les mouvements de mon corps, guidés par mon appétit pour ces mots, déclenchent visiblement des successions de projections vidéo au sol, autour de moi, qui m’immergent dans des mouvements urbains. Je saisis un mot, plonge dans un marché bruyant marseillais, survole une voie express asiatique, joue au foot-ball avec des adolescents au bord de la mer… dans un itinéraire défini par moi et sans doute différent de celui de mon prédécesseur et de celui de mon successeur dans ce lieu. Ces séquences bruyantes et chaotiques, à d’autres moments plus calmes, jouent également sur une contradiction étrange entre mon regard vers le sol, un point de vue d’en haut, d’avion, mais parfois aussi au sein d’un groupe, de face, de l’intérieur d’un bus en regardant pas le pare-brise, dans une rue animée.
Sample entre trois villes, Shanghai, Marseille, Paris, successions d’ambiances urbaines et sonores, melting-pot des points de vue filmés, superposition entre le corps physique, immergé au sein de l’image, elle-même séquences montées, assemblées par les gestes de nos épaules ou les mouvements de notre tête. En somme une immersion vidéo comme un compte-rendu de l’immersion urbaine.

« Je connais ma rue, je l’ai faite mienne. La première fois que je l’ai parcourue, elle ne signifiait rien pour moi, c’était un territoire nouveau, avec ses surprises, ses codes que je ne comprenais pas, ses petits groupes de personnes qui discutaient de sujets qui ne me concernaient pas.
Depuis, je l’ai faite mienne. J’y ai mes repères, mes voisins, mes boutiques, j’en connais les bruits selon le moment de la journée, les odeurs, les personnes qui la pratiquent, qui y ont leurs habitudes. Je sais au son l’heure de sortie de l’école, celui de la fermeture des bars, j’en repère les odeurs de pastis ou de la balayeuse municipale…
Ma ville, je la connais sans avoir eu besoin de l’apprendre, je l’ai apprivoisée, en la pratiquant, en répétant incessamment les mêmes parcours, en tirant des lignes, en repoussant progressivement les imites de notre territoire sur l’inconnu qui l’entoure.

Cet inconnu, bien qu’il figure sur les plans imprimés de ma ville, ne lui appartient pas. Je ne vis pas réellement dans le Paris, le Shanghai ou le Marseille qui se dessine sur la carte mais dans mon Paris, mon Shanghai ou mon Marseille, des réseaux de rues, d’espaces, qui communiquent entre eux en fonction de ma propre expérience de ces villes.

J’ai envie de créer un espace qui ressemble à ces villes, avec leurs contradictions, leur assemblage d’expériences et de pratiques individuelles toutes différentes.
Matériellement, il s’agit d’une projection vidéo au sol . La personne qui tente l’expérience se place au centre de l’image vidéo, et commande par ses gestes les séquences suivantes. Ces dernières rendent compte de déplacements physiques dans l’espace urbain, d’actions de la vie quotidienne (acheter, travailler …) effectuées par les gestes des gens. »

Lei Zhao – 2008

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